Plan pour une régionalisation de la production dans la zone Europe Afrique

Plan pour une régionalisation de la production dans la zone Europe Afrique

Plan pour une régionalisation de chaînes de valeur mondiales (CVM) et d'échanges dans la zone Europe Afrique pour localiser ou relocaliser plus près des consommateurs, de nombreuses opérations de production aujourd’hui réalisées en Chine et ainsi générer davantage de croissance dans la région.                                 

Le projet de "Plan pour une régionalisation de la production dans la zone Europe Afrique" porté par un cabinet de conseil en économie & gestion de projets, est issu de la réflexion de son dirigeant Francis Journot qui a souvent confié son inquiétude dans la presse (Le Figaro, Marianne, Entreprendre etc…) à propos d’un expansionnisme chinois qui a rompu des équilibres économiques, environnementaux et politiques. On ne peut certes pas arrêter la course folle d'une mondialisation qui ravage la planète et accentue les inégalités mais nous avons encore le pouvoir de la modérer et d’en réorienter le cours en réorganisant les chaînes de valeur. Par ailleurs, l’Europe et l’Afrique ne doivent pas abandonner à la Chine, la production de l’ensemble des biens de consommation de 2 milliards d’habitants aujourd’hui et de 3.5 ou 4 milliards en 2050, qui représenterait plusieurs centaines de millions d’emplois directs, indirects et induits.

Les aides pour le développement de l'Afrique, actions humanitaires et accords économiques technocratiques ne parviennent pas à endiguer la pauvreté, la faim et encore moins à générer des perspectives d’avenir pour de jeunes populations souvent tentées par une immigration vers l'Europe ou les Etats-Unis mais un concept purement économique pourrait réussir. Un projet privé concret et transparent quant à ses objectifs ni condescendant ni idéologique, plutôt international et ouvert à des entreprises et investisseurs mondiaux que spécifiquement français, européen ou africain, pourrait, en s’appuyant uniquement sur l'efficience de mécanismes économiques, faire reculer significativement la misère et augmenter considérablement le PIB par habitant de pays d'Afrique. Ceux-ci pourraient  ainsi préserver leurs peuples d'une domination chinoise et s'extraire de ce processus de colonisation rampante.

De nombreux ingénieurs souvent expatriés mais souhaitant un essor de l’Afrique, accueilleraient avec enthousiasme des propositions de création de coentreprises sous-traitantes qui collaboreraient le plus souvent avec des marques et enseignes internationales, au sein de clusters ayant vocation à devenir des écosystemes industriels complets et performants. Ces nouveaux outils de production qui s’intègreraient d’abord dans des chaînes d’approvisionnement souvent européennes et parfois americaines, favoriseraient le développement économique de pays africains et prepareraient un accès à davantage d’autonomie industrielle. Securisés et structurés mais satisfaisant aussi à des exigences sanitaires et environnementales, ces parcs sectoriels qui faciliteraient l’implantation des sociétés avec une aide au recrutement local et à la formation ainsi qu'une assistance juridique, fiscale et administrative, fourniraient ainsi à des entreprises souhaitant quitter la Chine, une alternative profitable. Une péréquation de coûts occidentaux et africains renforcerait leur compétitivité.  La mise en œuvre du projet réclamerait le concours de nombreuses sociétés expertes en engineering industriel, énergie, construction, numérique, formation dans les nombreux secteurs, ressources humaines etc… Le nombre de postes à cheval sur les deux continents serait considérable et l'UE profiterait de la hausse du pouvoir d'achat de nombreux et nouveaux consommateurs. L'Europe entiere pourrait connaitre un fort regain de croissance.

__________________________________Logofigaro 1 2 1Réduire notre dépendance à la Chine, c'est possible!

Lome container terminal au togoLe Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 08 juin 2020 -  En s’appuyant d’avantage sur son marché régional, l’Europe est capable de réduire significativement sa dépendance à l’égard de l’industrie chinoise, estime l'entrepreneur Francis Journot.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche en économie dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et propose un Plan de régionalisation de la production en zone Europe Afrique. Il tient le site Collectivité Nationale

Peu de risques de pénuries ou de fortes augmentations des prix

À la faveur d’une crise qui nous rappelle la fragilité de nos existences et d’un confinement qui nous a fait prendre conscience que l’on peut se priver deux mois durant de surconsommer, il apparaît certain que nous serions capables de survivre à une période de transfert de l’industrie chinoise. Certains produits pas toujours indispensables pourraient se raréfier mais rassurons-nous, la plupart des importations continueraient d’affluer car les entreprises et leurs actionnaires n’apprécient guère que les consommateurs désertent les boutiques. Chaque recherche de nouveaux sous-traitants obtiendrait à travers le monde, une multitude d’offres de services compétitives et des centaines de milliers d’ingénieurs voudraient participer à l’élaboration de processus de production. Quant au domaine vital de l’alimentaire, les pays européens sont peu tributaires du reste du monde. Aussi, il est peu certain que nous devrions craindre de réelles pénuries ou une augmentation importante des prix de nos biens de consommation mais nous pourrions en revanche, consommer moins mais mieux et nous réjouir de relocalisations qui sortiraient au fil des mois et des ans, des millions d’européens du chômage et de la pauvreté.

Un nouveau paradigme européen s’appuyant sur une régionalisation élargie de la production et des échanges incluant davantage l'Afrique

Augmentation des salaires et des coûts de fabrication dans les pays émergents ou en développement s’accompagnant d’une baisse des investissements directs, vols de technologies et contrefaçons, coût environnemental du transport et exigence du consommateur pour des produits plus locaux, nous assistons depuis plusieurs années à des phénomènes qui indiquent ou provoquent un recul de la mondialisation certes pas encore manifeste mais la crise du Covid-19 et la hausse du chômage pourraient accentuer une tendance à la régionalisation des échanges. L’Europe pourrait initier un nouveau paradigme européen de régionalisation des chaînes de valeur ou de production dans le cadre de l’UE ou d’une communauté économique moins politique si celle-ci disparaît. Mais la relocalisation d’activités en France ne serait guère aisée. Il faudrait s’exempter d’idéologies sclérosantes dont le postulat élitiste consistant à ne sélectionner que les secteurs dits stratégiques. Celui-ci a justifié la délocalisation d’autres activités et s’est avéré erroné. Les emplois manufacturiers généraient de nombreux emplois indirects et induits dont les cotisations et impôts, finançaient mieux les dépenses publiques, modéraient le coût du travail, permettaient de maintenir un meilleur niveau de formation technique qui profitait à l’ensemble des secteurs dont les plus stratégiques et participaient ainsi à un cercle économique vertueux.

La nouvelle conception des échanges ici proposée, diffère évidemment des préconisations peu réalistes d’autarcie et de fin de la mondialisation émises par l’ancien ministre de l’économie Arnaud Montebourg. Car au delà du slogan «made in France» et du thème de la réindustrialisation régulièrement exploités à des fins politiques par des personnalités en quête de publicité et d’électeurs mais souvent issus des partis de gouvernement dont les politiques économiques ont favorisé la désindustrialisation, subsiste la réalité du coût du travail mais aussi les écueils que représentent un syndicalisme dogmatique très politisé et les innombrables normes qui découragent les industriels. Les mécanismes de mutualisation et de péréquation du projet Collectivité Nationale seraient susceptibles de favoriser la création d’écosystèmes et d’emplois mais un assouplissement des traités et règlements européens ou nationaux qui alourdissent la gestion des entreprises françaises, serait également souhaitable.

De nombreux obstacles s’opposent à une relocalisation massive des emplois en France et même parfois en Europe  

Avec un marché riche de 500 millions de consommateurs, la croissance relocalisable en Europe est énorme. Les pays européens à plus bas coûts connaîtraient le plein emploi mais nous pourrions nous heurter dans d’autres pays à une inadéquation de l’offre d’emplois industriels pour des demandeurs de travail peu séduits par ces débouchés. En France la main d’œuvre qualifiée a quasiment disparu dans beaucoup de secteurs industriels mais aussi dans bon nombre de pays d’Europe. Le coût de formation pour chaque poste avoisinerait souvent 20/50 K€ majoritairement supporté par l’entreprise mais ne garantirait pas que les candidats effectueraient longtemps des travaux souvent jugés pénibles. Aujourd’hui des PME de l’industrie ne parviennent pas à former plus d’un ou deux demandeurs d’emploi par an. Il est peu certain que l’industrie européenne parvienne à recruter tous les effectifs nécessaires. Par ailleurs, le niveau des exportations pourrait s’éroder après quelques années. La Chine va encore réduire les importations pour faire face à un chômage susceptible de fragiliser le pouvoir et les USA montrent une volonté forte de relocalisation depuis 2017. Les entreprises occidentales implantées sur son sol lui ont apporté les technologies qui lui permettront de satisfaire tous les besoins de ses consommateurs. Aussi, de nouvelles perspectives extra-européennes seraient plus difficiles à trouver et chacun des pays européens tenterait de tirer la couverture à lui pour s’approprier les parts de marchés au sein de l’Europe ainsi que c’est déjà souvent le cas aujourd’hui. Le secteur du luxe continuerait à tirer son épingle du jeu mais on peut craindre que des secteurs de pointe confrontés à une concurrence croissante dont celle de la Chine, voient le nombre de commandes diminuer. On pourrait espérer l’émergence de leaders européens dans de nouveaux domaines mais cela prendrait du temps. La France et les pays d’Europe se féliciteraient néanmoins de la réduction des importations et d’une prospérité retrouvée dans bon nombre de secteurs. Mais après un regain d’activité et une baisse du chômage, l’économie pourrait tourner en rond et renouer avec des faibles taux de croissance et d’emploi.

Croissance et emploi en Europe, pauvreté et démographie galopante sur le continent voisin, nous sommes confrontés à de nombreux défis

Alors nous sommes en face de ces défis mais aussi de plusieurs autres pour lesquels nous devrons tôt ou tard tenter de trouver des solutions. Parmi ceux-ci, le phénomène de démographie galopante d’un continent à moins de 150 kilomètres des premières côtes européennes qui pourrait compter deux milliards et demi d’habitants en 2050. Une importante part de ceux-ci tenteraient de fuir la misère et la faim en migrant dans une Europe affaiblie et guère capable de proposer des conditions de vie meilleures. Cependant, les fondements de notre civilisation, politiques et économiques, culturels et religieux n’y survivraient pas. Le chaos social et sécuritaire qui pourrait s’installer pourrait précéder ou surpasser l’effondrement climatique que promettent des écologistes partisans d’une idéologie de la décroissance à laquelle n’adhèrent sans doute pas totalement nos amis africains qui peinent à se nourrir. Aussi peut-être pourrions-nous, afin de résoudre notre problématique de croissance au cours des années à venir mais aussi en même temps contribuer au recul de la pauvreté dans un continent proche qui connaît une démographie exponentielle, réfléchir à un modèle élargissant notre coopération avec celui-ci.

La Chine pervertit plus qu’elle n’enrichit le continent africain

Aujourd'hui, la Chine compte mettre la main sur cet énorme réservoir de matières premières. Mais elle pervertit plus qu’elle n’enrichit ce continent en le submergeant de produits low cost provenant d’Asie et précarise davantage ainsi des artisans ou des petites entreprises qui fabriquaient des produits locaux. Les usines créées appartiennent à des sociétés dépendantes de Pékin dont les contremaîtres chinois dirigent durement des ouvriers comptant parmi les plus mal payés au monde. Ces bas niveaux de rémunération permettent ainsi à la Chine d’inonder les pays occidentaux de produits bas de gamme sans que les peuples africains y trouvent leur compte en matière d’avancées sociales. Mais cette colonisation rampante de plus en plus mal vécue, suscite de l’amertume.

A terme, davantage d’autonomie industrielle

Il est indispensable que l’Afrique se dote des moyens d’assurer la subsistance de sa population tout en prenant garde de préserver sa faune et sa flore. De nombreux ingénieurs souhaitant un essor de l’Afrique et du Maghreb accueilleraient avec enthousiasme ce projet transcontinental de création de co-entreprises au sein de clusters sectoriels. Ces nouveaux outils de production qui s’intègreraient d’abord dans des chaines d’approvisionnement européennes, favoriseraient le développement économique des pays et auraient vocation à leur faciliter l’accès à davantage d’autonomie industrielle. Le coût de l’installation des usines serait assuré par les enseignes ou marques destinataires des productions. Les entreprises, organisées en collectifs, pourraient ainsi bénéficier d’une mutualisation des coûts mais aussi d’une modularisation des productions dans certains secteurs. Ces activités procureraient de nouvelles opportunités locales à de jeunes générations aujourd’hui tentées par l’immigration vers l’Europe. Des fonds jugés inefficients parmi ceux alloués aujourd’hui au développement et au soutien des pays, pourraient être réorientés vers la construction des infrastructures nécessaires qui profiteraient ainsi à tous car il semble plus pertinent d’investir en amont en créant de l’emploi et en générant une augmentation du niveau de vie local plutôt qu’agir continuellement en aval.

En effet, l’assistance certes bienveillante et souvent indispensable renvoie cependant une image que ce continent souhaite effacer pour changer la perception du monde et progresser. Des groupements de sociétés rentables et en croissance attireraient certainement des capitaux mondiaux qui abonderaient ensuite les nouveaux projets et accompagneraient l’expansion du modèle à travers le continent pour en faire peut être un nouvel eldorado.

On peut penser qu'une hausse du niveau de vie en Afrique encouragerait l'éducation des enfants, l'émancipation des femmes et à terme, une réduction de la natalité

Ce partenariat prolifique pour l’Afrique le serait aussi pour l’Europe qui a besoin de nouvelles perspectives. La mise en œuvre du projet réclamerait le concours de nombreuses sociétés expertes en engineering industriel, énergie, construction, numérique, formation dans les nombreux secteurs, ressources humaines etc… Le nombre de postes à cheval sur les deux continents serait considérable. La France a conservé des liens privilégiés avec la plupart des pays et aurait une carte importante à jouer. Subséquemment, le continent africain pourrait à terme constituer pour l’Europe, un nouveau relais de croissance qui comblerait un affaissement de la demande chinoise d’autant que celui-ci compte autant d’habitants que la Chine. Leur pouvoir d’achat n’est pas comparable mais souvenons-nous qu’à l’aube de ce millénaire, le PIB chinois par tête était semblable à celui de la plupart des pays africains qu’elle a aujourd’hui entrepris de coloniser. Il est difficile d’appréhender toute la dimension d’un tel projet de régionalisation tant les implications et possibilités sont multiples en termes d’emplois et de création de richesse. Les prévisions démographiques annoncent un doublement de la population africaine d’ici trente ans mais on peut penser qu’une hausse du niveau de vie encouragerait l’éducation des enfants, l’émancipation des femmes et à terme, une réduction de la natalité. Une augmentation raisonnable et évolutive des salaires mensuels de production variant aujourd’hui le plus souvent entre 35 et 200 euros, pourrait accélérer cette mutation sociologique.

Il serait donc possible de construire une alternative à la dépendance chinoise. Pourquoi se résoudre à un maintien de nos industries en Chine favorisant une hégémonie qui entravera nos libertés et nous exposera certainement tôt ou tard au risque d’une guerre mondiale alors qu’une régionalisation des échanges nous procurerait l’opportunité de consommer moins mais mieux sans pour autant, compte tenu de la concurrence internationale, faire flamber les prix et nous offrirait de surcroît, une dynamisation économique et la création de millions d’emplois au moment où le chômage fait des ravages en Europe tout en permettant au continent voisin d’accéder à davantage de progrès social.

Logofigaro 1 2Il faut exclure la Chine de l'OMC et du Conseil de sécurité de l'ONU Soldats chinois en uniformes de sportLe Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 28 mai 2020 - Le Covid-19 a rendu manifeste la progression économique et militaire de la Chine sur la scène internationale. Mais pour l’entrepreneur Francis Journot, tant que Pékin ne respectera pas les règles édictées par les institutions internationales, elle ne doit plus y siéger.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche économique depuis 2013 dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et tient le site Collectivité Nationale. 

OMC, OMS ou Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a investi les institutions internationales mais s’est affranchie des règles qui les régissent. L’arrogante dictature auparavant plus adepte de «soft power», entend maintenant tenir tête au monde et le rapport de force semble s’être érigé au rang de principe cardinal de sa politique. On peut dès lors s’inquiéter de son influence économique et de sa puissance militaire croissante.

À la lumière d’une crise sanitaire et diplomatique révélatrice, la crainte déjà présente d’une Chine hostile et belliqueuse qui dominerait le monde et balaierait les démocraties, s’impose désormais avec davantage d’acuité. Aussi convient-il, pendant que cela est encore possible, de tempérer ses velléités d’impérialisme.

Duperie chinoise et angélisme occidental

La Chine, membre de l’Organisation Mondiale du Commerce depuis 2001, n’est plus un pays en développement mais bénéficie toujours des avantages liés à ce statut. Elle demeure néanmoins une économie dirigée ainsi qu’un capitalisme d’État et n’est pas, à proprement parler, une économie de marché. Il aurait été plus pertinent de mettre fin à l’expérience en 2016, à la fin d’une période transitoire durant laquelle elle a impunément pillé des technologies occidentales et trop souvent enfreint les règles de l’OMC, au détriment de sa concurrence qui ne pouvait que difficilement rivaliser avec des entreprises et des productions fréquemment subventionnées par un État chinois interventionniste.

Par ailleurs, la dictature chinoise siège parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et dispose donc d’un droit de veto. Ce privilège lui permettrait d’empêcher d’éventuelles sanctions à son encontre mais aussi de bloquer le cas échéant, une assignation de Xi Jinping devant la Cour pénale internationale dans le cadre de la gestion de la crise du Covid-19. L’exemple de la mainmise de la Chine sur l’OMS devrait nous alerter car son influence lui a permis de différer l’annonce de la pandémie. La présence et le pouvoir au sein de ces institutions, d’une dictature qui revendique un objectif de domination économique et militaire sur le monde, sont sans doute contre-nature et dangereux.

Le Parti Communiste chinois est un péril pour la liberté, la démocratie et la paix de l'humanité

Son refus d’assumer sa responsabilité dans une crise qui a tué plusieurs centaines de milliers de personnes et son mépris envers l’humanité peuvent faire craindre le pire. Ivre de puissance, Xi Jinping pense certainement que l’intimidation militaire pourrait lui permettre de dominer complètement un occident stupide et corrompu qui a échangé ses technologies et la suprématie de l’économie mondiale contre des morceaux de tissus et de plastique. Certains dirigeants semblent lui avoir fait allégeance mais cette stratégie n’est pas sans risques et pourrait entraîner à terme le monde vers une Troisième Guerre mondiale.

D’abord cantonnée à une fonction défensive, l’armée de la République populaire de Chine est devenue une force de conquête mondiale dont la montée en puissance laisse peu de place au doute quant à ses visées géostratégiques. L’implantation d’une base militaire navale à Djibouti sur la corne de l’Afrique et d’une forteresse dominant l’Océan Indien pouvant accueillir plusieurs gros navires de guerre et peut-être des porte-avions, nous le confirme. L’effectif devrait atteindre 10 000 hommes en 2026. La dictature chinoise n’ignore pas que la conquête du continent Africain et l’invasion économique à travers l’Europe, poétiquement baptisée «routes de la soie», pourraient engendrer des soulèvements de travailleurs sous-payés parfois maltraités qui pourraient rejeter une domination chinoise en Afrique ou de populations européennes bernées et appauvries. C’est pourquoi la Chine devrait souvent avoir recours à la menace et à la répression mais nul ne peut prévoir où s’arrêterait l’escalade de violence.

Les essais nucléaires en grande pompe médiatique sont une démonstration de force supplémentaire adressée au monde.

La Chine possède la deuxième armée derrière les USA mais au rythme auquel s’active son complexe militaro-industriel, premier du monde en nombre d’employés, celle-ci pourrait s’enorgueillir en une ou deux décennies, du titre de première puissance navale militaire. 2 porte-avions et d’autres en construction, un sous-marin supplémentaire chaque trimestre et un destroyer chaque mois rejoignent une flotte capable d’opérer sur toutes les mers, qui compte maintenant près de 700 bâtiments de combat.

Dans un article publié le 12 mai 2020 par le journal de Hong Kong South China Morning Post «La Chine lance son dernier missile nucléaire sous-marin et reçoit un prix scientifique» la Journaliste Liu Zhen commente les tests de missiles nucléaires JL3 qui ont une portée de 12 000 km et qui pourraient atteindre les USA à partir des côtes chinoises. Ils équiperont des sous-marins de nouvelle génération à partir de 2025. Les observateurs militaires chinois ont déclaré que les essais de missiles étaient une réponse à la stratégie de dissuasion du président américain Donald Trump visant la Chine. Mais personne ne peut croire que la Chine fabrique des missiles nucléaires par inimitié envers le président des USA. Les essais en grande pompe médiatique lors desquels les chercheurs ont reçus des prix scientifiques chinois parmi les plus prestigieux, sont une démonstration de force supplémentaire adressée au monde.

Un tel effort d'armement a rarement ou jamais été vu en temps de paix

Le budget de l’armée chinoise de 250 milliards de dollars en 2018, compte tenu de son augmentation constante (7,5 % en 2020) devrait avoisiner la moitié de celui des USA au cours des années à venir. Si l’on considère que ce budget militaire chinois qui profite d’une main d'oeuvre à plus bas coûts, permet de financer comparativement la fabrication d’un volume beaucoup plus important de matériels que les USA, il apparaît alors clairement qu’un tel effort d’armement a rarement ou jamais été vu en temps de paix d’autant que les inégalités sont grandes et que le chômage touchait déjà 22 % de la population active chinoise avant l’épidémie de Covid-19. Cette préparation effrénée à une mobilisation de l’armée nous rappelle immanquablement la période de réarmement de l’Allemagne nazie à partir de 1933 qui a précédé et tramé la Seconde Guerre mondiale.

Un géant aux pieds d’argile

Ce pays d’un milliard et demi d’habitants a bénéficié de la croissance procurée par les occidentaux et plusieurs centaines de millions de chinois ont ainsi pu sortir de la misère. L’objectivité impose de reconnaître que les entreprises et les consommateurs occidentaux ont bénéficié de coûts de production plus bas mais il faut en revanche admettre que ceux-ci ont payé le prix fort d’une concurrence déloyale avec la désindustrialisation, le chômage et la précarité, la désertification et le recul des service publics etc...

Mais les deux principaux marchés de consommateurs détiennent toujours les clefs d’un pouvoir économique sur la Chine. Ils sont responsables de cette situation et c’est à eux qu’il appartient de prendre les décisions susceptibles de freiner les folles ambitions d’une dictature communiste violente dirigée par un président mégalomane dont le parti unique lui permet de se maintenir au sommet probablement contre le gré de sa population. Une remise en question au plan international de la légitimité de Xi Jinping et de sa politique pourrait affaiblir l’autorité du Parti communiste chinois.

Les USA et l’UE doivent exiger l’éviction des institutions Internationales

Bien que soucieuse des intérêts de l’Allemagne, pays européen le plus dépendant de la Chine avec un volume d’échanges de 200 milliards en 2019, l’UE doit aussi faire la distinction entre diplomatie et soumission. Elle ne peut ignorer le danger de l’expansionnisme chinois et renvoyer dos à dos les USA et la Chine en arguant qu’il s’agit là d’une nouvelle Guerre froide entre deux grandes puissances qui ne la concerne guère. Car, ne nous trompons pas, le géant chinois ne nous épargnerait pas pour autant ensuite et chacun se souviendrait alors du manque de clairvoyance de l’UE.

Mais les prémices d’une guerre larvée, jalonnée de menaces à peine voilées contre l’UE et ses pays membres sont déjà là et cela devrait nous ouvrir les yeux. Pour exemples, Pékin a exigé que l’UE atténue la responsabilité chinoise dans le rapport à propos de la gestion du Covid-19 et tenté récemment d’empêcher un contrat de modernisation des frégates de Taiwan signé avec une entreprise française : «Nous exhortons à nouveau la France à respecter le principe d’une seule Chine et à annuler le projet de vente d’armes à Taiwan pour éviter de nuire aux relations sino-françaises.»

Il est indispensable qu'une entente historique entre la présidente de la Commission européenne et le president des USA s'instaure au plus vite

Il serait juste que la Chine participe au financement de la reconstruction économique mondiale. Aussi, le moins que puisse faire la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen à l’égard des 27 pays membres qui déplorent une centaine de milliers de décès et une perte importante d’emplois, serait, conjointement avec le président des États-Unis Donald Trump, d’exiger de la Chine une réparation du préjudice subi par l‘ensemble des pays.

D’autre part, il est indéniable qu’une éviction de la Chine de l’OMC et du Conseil de sécurité de l’ONU, pourrait modérer cette puissance hors de contrôle et ainsi préserver pour longtemps le monde du danger d’une offensive militaire chinoise. Aussi serait-il indispensable qu’une entente historique entre la présidente de la Commission européenne et le président des USA s’instaure au plus vite afin d’en réclamer la mise en œuvre auprès des deux organisations internationales. Au cours d’un entretien fin avril 2020 avec Laure Mandeville, journaliste spécialiste des États-Unis au Figaro, le Secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires européennes Philip T. Reeker déclarait: «Face à la Chine, nous allons nous unir» . En voici maintenant l’occasion.

Alors certes, l’inclination de l’Union européenne pour une mondialisation et un libre-échange extrêmes peut faire douter d’un tel changement de politique mais si l’on pense que les populations n’accepteront pas en plus du chômage croissant, l’austérité qu’elle prévoit de leur imposer pour payer la catastrophe économique causée par la Chine, la Commission devrait comprendre qu’il lui faudra changer son logiciel idéologique avant de devoir affronter une colère qui provoquerait la fin de l’UE ou d’être confrontée à une guerre que sa politique permissive à l’égard de la Chine aura favorisée et dont elle serait hautement responsable.

Logofigaro 1 2 1Pourquoi la confrontation entre les États-Unis et la Chine n’est pas une «nouvelle guerre froide»

Donald trump president des etats unis

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 8 juillet 2020 - Selon Francis Journot, le duel sino-américain, ne s’organise pas autour de véritables blocs, comme autrefois le capitalisme et le communisme.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche en économie dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et propose un Plan de régionalisation de la production en zone Europe Afrique. Il tient le site Collectivité Nationale

Depuis son accession au pouvoir en 2013, Xi jinping veut imposer le système politique chinois en tant qu’alternative au capitalisme et œuvre pour une bipolarisation du monde. Fin mai, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi enfonçait le clou en menaçant les États-Unis d’une «nouvelle guerre froide». Mais on peut penser que l’analogie avec l’expression inventée au lendemain de la deuxième guerre mondiale lors du conflit idéologique qui a opposé les États-Unis à l’URSS, est inappropriée.

L’imposture d’une guerre froide et le projet de suprématie mondiale de la Chine

Xi Jinping projetait dès le début de son mandat de défier les États-Unis. Il promettait devant le comité central «Nous devons nous préparer à une longue et rude période de compétition entre systèmes politiques» (propos extraits du livre Rouge vif de la sinologue Alice Eckman).

Mais la Chine n’est pas l’URSS et l’authenticité d’un discours capitaliste à Davos et communiste en Chine, s’avère très discutable. Par ailleurs, l’impérialisme chinois semble se diriger, si l’on se réfère par exemple à la répression violente des opposants ou au prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers politiques, vers une forme de fascisme à la chinoise. Cette cruauté pourrait rappeler celle de l’Allemagne nazie ou évoquer les actes de cannibalisme commis au nom de l’idéologie du communisme pendant la révolution culturelle chinoise. Il n’est guère aisé de définir précisément idéologiquement le système politique de la Chine opportuniste de Xi Jinping mais il convient peu, même si l’URSS n’incarnait pas un modèle enviable de démocratie, si tant est qu’elle en fût une, de l’assimiler à la doctrine d’Alexeï Jdanov qui a théorisé la guerre froide. L’idéologue s’opposait au fascisme et vilipendait l’impérialisme américain. Sept décennies plus tard, la Chine commet des actes dignes des régimes fascistes les plus sanguinaires et son impérialisme constitue le plus grand péril pour les démocraties et l’humanité.

L’élection de Donald Trump, souhaitant réduire le déficit commercial proche de 400 milliards de dollars avec la Chine, a servi la stratégie du dictateur chinois.

L’élection à la tête des États-Unis en 2017 d’un président protectionniste souhaitant réduire le déficit commercial abyssal proche de 400 milliards de dollars avec la Chine, a servi la stratégie du dictateur chinois. Celui qui semble vouloir endosser le costume d’empereur du monde a saisi l’opportunité de se mettre en scène dans un face à face qui le place sur un même pied d’égalité que Donald Trump et lui permet ainsi de se targuer auprès de son peuple, d’affronter le dirigeant de la première puissance mondiale. Cette posture favorise son objectif de bipolarisation inspiré du manichéisme de la guerre froide du siècle dernier et relègue les autres pays du monde au deuxième plan. L’agressivité du Parti communiste chinois durant la crise du Covid-19 et la déclaration de son ministre des affaires étrangères, dictée par l’Assemblée nationale populaire chinoise, indiquent que la Chine estime avoir franchi une nouvelle étape. Celle-ci semble désormais ne plus se soucier de l’opinion de pays devenus à ses yeux trop faibles ou dépendants de son économie pour protester.

L’utilisation par Pékin de l’expression «nouvelle guerre froide» vise à faire oublier sa gestion de la crise du Covid-19 au moment où l’opinion mondiale plutôt hostile compte ses morts et considère maintenant majoritairement que l’expansionnisme chinois représente une menace économique et un grave danger. Mais le système politique que la Chine prétend vouloir faire partager pour le bien de tous diffère du modèle marxiste-léniniste de l’URSS politique. Ce dernier emportait l’adhésion d’un nombre important de populations et de pays à travers le monde. Quel peuple souhaiterait aujourd’hui se placer volontairement sous le joug de la Chine ou d’un régime similaire conseillé par celle-ci? Bien que son projet séduise peu, le géant chinois tente néanmoins de multiplier les alliances susceptibles d’augmenter son influence géostratégique. On peut certes comprendre que la Russie souhaite renforcer des liens économiques notamment sur le plan énergétique et participe à des manœuvres militaires conjointes mais on peut douter que celle-ci suive la Chine aveuglement. Dans son voisinage, la Chine semble dresser contre elle une majorité d’Etats comprenant l’inde. Après plusieurs semaines de tensions, le premier affrontement militaire meurtrier depuis 45 ans a eu lieu le 15 juin 2020 à la frontière des deux pays.

Le géant chinois tente de multiplier les alliances susceptibles d’augmenter son influence géostratégique.

Les imposants congrès chinois qui se drapent aujourd’hui d’idéologie, prônent «une destinée partagée pour l’humanité» et pourraient rappeler à certains égards, les grandes heures du communisme, mais la comparaison s’arrête là. L’assimilation du projet chinois à la foisonnante guerre d’idées qui a passionné durant un demi-siècle, semble présomptueuse. On assiste à une tentative de reproduction du conflit USA/URSS, mais on cherche en vain un goût pour la discussion démocratique ou une proximité philosophique de Xi Jinping et des dirigeants chinois avec les fameux bretteurs qui ont animé le débat majeur du XXème siècle autour de questions essentielles et de deux conceptions du monde.

Depuis les dissimulations à propos de la gestion chinoise de la crise sanitaire, la méfiance envers l’arrogant régime chinois s’est généralisée. Aussi, l’installation d’une prétendue «nouvelle guerre froide» à l’initiative de la Chine peut sembler très aventureuse. Certes, quelques pays dont ses alliés le Pakistan ou l’Iran, rêvent d’un monde post-occidental mais rares sont ceux qui préfèreraient le chaos ou le régime dictatorial prôné par la Chine à un système capitaliste qui demeure à ce jour globalement le plus fiable même s’il conviendrait d’en corriger les nombreuses dérives.

Logofigaro 1 2Les USA et l’UE doivent exiger de la Chine une réparation du préjudice subi

Xi jinping 28 janvier 2020Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 23 avril  2020 - Malgré l’ampleur de la propagande chinoise, les Occidentaux doivent tirer au clair la responsabilité de la Chine dans la propagation du virus, estime Francis Journot. Il faudrait alors conclure un accord pour qu’elle contribue financièrement à la réparation de l’économie mondiale.   

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche en économie dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et du Plan de régionalisation de la production en zone Europe Afrique. Il tient le site Collectivité Nationale

On peut condamner beaucoup de décisions de dirigeants d’Etats dépassés par une crise à la fois sanitaire, financière et sociale sans précèdent ou leur reprocher d’avoir tardé à réagir. Mais à leur décharge, le régime chinois a menti et favorisé la propagation éclair d’un coronavirus qui aurait pu être éradiqué lorsqu’il ne touchait que quelques malades et n’aurait jamais dû sortir de la région de Wuhan et de Chine. Compte tenu de cette gestion criminelle, les USA et l’UE, ses principaux marchés de consommateurs, seraient fondés à exiger, ensemble, un montant global permettant de réparer au moins une part du préjudice mondial. 

Un comportement criminel envers la population chinoise et l’ensemble de l’humanité          

Censure de la parole médicale et de la presse pour dissimuler le danger de la contagion et le nombre de morts, la dictature chinoise a voulu éviter qu’un virus n’entache l’image de la Chine. Obsédé par son rêve de domination absolue de l’économie mondiale, Xi Jinping a délibérément mis ses concitoyens et l’humanité entière en danger. Dans l’article « La mort d'un médecin spécialiste du coronavirus provoque un tollé en Chine »  publié le 7 février 2020 dans le New York Times, la journaliste Li Yuan décrivait la vaste campagne de protestation en Chine après la mort du Docteur Wenliang, arrêté par les autorités chinoises pour avoir lancé l’alerte fin décembre. Elle notait que la machine de propagande du Parti communiste n’était pas parvenue à contrôler le déferlement de messages de chinois furieux.  

Selon l’enquête du 13 mars 2020 réalisée par Joséphine Ma du journal de Hong Kong South China Morning Post qui a eu accès à des documents gouvernementaux confidentiels « Le premier cas confirmé de Covid-19 en Chine remonte au 17 novembre ».  La journaliste n’exclut pas la possibilité d’un précédent cas avant mi-novembre.    

Xi Jinping ne pouvait avoir oublié l’épidémie de SRAS dont la gestion par son prédécesseur, fut également décriée. Ce coronavirus avait tué 800 personnes en 2002/2003. Son mode de transmission interhumain et le type de complication étaient proches mais aussi son origine attribuée à la chauve-souris qui l’aurait transmis à des mammifères vendus sur des marchés d’animaux vivants. Par ailleurs, les autorités n’ont pas appliqué la loi qui interdit depuis 2003, le commerce et la consommation d’animaux sauvages. Dans son article du 14 avril 2020 publié par le Washington Post, le chroniqueur Josh Rogin préfère pointer du doigt le laboratoire de Wuhan qui étudie les coronavirus de chauves-souris. Mais quel que soit le point de départ de l’épidémie, le chef d'Etat chinois a certainement été informé du caractère contagieux du coronavirus. Il était donc probablement conscient du risque de pandémie mortelle mondiale au moment où il était encore possible de juguler la propagation du virus qui n’affectait, selon les documents consultés par le South China Morning Post, que 9 patients en novembre et 27 à la mi-décembre 2019. Pourtant, celui-ci a préféré maintenir la fête du Nouvel an chinois qui devait avoir lieu le 25 janvier. Les préparatifs ont brassé une forte population et une carte interactive des déplacements dans la région de l’épicentre situé à Wuhan, publiée par le New York Times "How the Virus Got Out", nous indique que 7 millions de voyageurs ont quitté la ville avant le confinement ordonné le 23 janvier 2020. On ignore combien parmi eux ont ensuite propagé le virus chinois principalement en train à travers la Chine et en avion aux quatre coins du monde.  

Interrogée le 7 avril 2020 par la chaine de télévision TF1, la journaliste, sinologue et écrivaine Ursula Gauthier estimait que le nombre de décès dus au Covid-19 dans toute la Chine, officiellement de 3291, doit être multiplié par 30 soit au moins 97 000 et le chiffre de 81782 contaminés, multiplié par 15 soit 1.21 million. Lors d’un entretien accordé le 4 avril au journal régional Ouest France, la présidente de Solidarité Chine Marie Holzman, universitaire spécialiste de la Chine, expliquait que les informations qui filtrent au travers de la diaspora, citent un chiffre de 60 000 morts. Au moment où les USA et l’Italie paient le plus lourd tribut en termes de décès, Xi Jinping accuserait, selon l’association, des athlètes américains de passage en octobre à Wuhan ou des Italiens, d’avoir importé le virus.

Le pouvoir chinois nie sa responsabilité dans la mort de ces centaines de milliers de personnes et espère que les inversions et la manipulation de la vérité habituellement opérantes en Chine, fonctionneront aussi à l’extérieur. Alors le monde est pour l’heure sous le choc, plus occupé à se protéger, à sauver ses entreprises et ses emplois ou à enterrer ses morts mais la rancœur et l’hostilité envers Xi Jinping et la Chine pourraient ensuite se révéler vives. 

La dictature chinoise devra tôt ou tard présenter des excuses publiques pour calmer la colère des  familles de victimes décédées comprenant aussi beaucoup de citoyens chinois. Le nombre de décès a  certainement dépassé 300 000 (les USA, l’Italie, l’Espagne, la France et le royaume Uni enregistrent à eux-seuls 120 000 morts. Peut-être 100 000 en Chine et probablement plus de 100 000 dans les 180 autres pays qui regroupent 5.5 milliards d’habitants). Le chiffre pourrait rapidement grimper à un demi-million si l’on en croit les estimations inquiétantes concernant la propagation dans des pays peu équipés en matière sanitaire dont le moyen orient et l’Afrique.

Les proches des victimes pourraient former, au cours des mois à venir, une action collective pour homicides, qui pourrait amener des dirigeants chinois à s’expliquer devant une cour pénale internationale. Plusieurs grands cabinets d’avocats seront certainement sur les rangs pour organiser une «class action» internationale hors normes pouvant obtenir une condamnation au versement de plusieurs centaines de milliards d’euros de dommages et intérêts.

Une crise dont il est difficile d’appréhender le coût 

En France, l’augmentation de la dette de 59 %  (700 Mds d’euros) au cours des 6 années qui ont suivi la crise de 2008, l’affaiblissement de l’industrie et la prédation d’opérateurs étrangers, les fermetures d’entreprises, la perte d’un million emplois et de marchés abandonnés définitivement au profit d’autres pays dont la Chine qui a vu alors son PIB par tête augmenter de 60 %, nous démontrent que la dernière crise mondiale a couté à l’hexagone, selon les éléments et effets négatifs pris en compte pendant la décennie, l’équivalent de 70 % à près d’une année de PIB de 2008. On peut craindre, que le coût de la crise du Covid-19 soit encore plus élevé.

La Banque Centrale Européenne (BCE), dirigée par Christine Lagarde et les Etats semblent avoir pris la mesure de la gravité du nouveau drame. Cependant, bien que considérables, les sommes mobilisées pour soutenir les économies nationales, exprimées en pourcentages des PIB respectifs, qui atteignent 20% en Italie, 19% en Allemagne, 17% en Grande Bretagne et 15 % en France, pourraient ne pas suffire. On ignore combien de temps durera la crise et on ne parvient pas non plus à cerner le contour des ravages et implications. On peut craindre que de nombreux pays voient leur dette s’envoler et atteindre un niveau insupportable. Si des mesures d’austérité étaient ensuite instaurées afin de satisfaire au Traité de Maastricht qui recommande une limite de déficit public n’excédant pas 3% du PIB, pourraient alors s’ajouter à la crise sanitaire et économique, des troubles sociaux généralisés et ingérables qui précipiteraient l’explosion de l’UE.

Ursula Von der Leyen et Donald Trump doivent, ensemble, exiger de la Chine, une réparation au moins partielle du préjudice 

Faut-il, par crainte de l’affronter, ignorer la responsabilité de la Chine et choisir de faire payer les populations en leur recommandant de travailler plus ainsi que le préconisent certains responsables politiques qui ont déjà oublié le mouvement des gilets jaunes dans une France au bord de la révolution, qui par ailleurs, comptait bon nombre de soignants désormais applaudis. Même si le sujet d’une augmentation des impôts est pour l’instant évité, les peuples européens  ne sont pas dupes et savent qu’on leur présentera l’addition. L’antienne d’une vertueuse austérité ferait ensuite son retour.

Faire payer la Chine et sauver l’UE ou faire payer les européens et condamner l’UE à l’éclatement, telle est la question que devra maintenant se poser la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. En effet, la Commission européenne a compris qu’elle est à la croisée des chemins et sait qu’elle ne peut courir le risque suicidaire de provoquer, après le départ de la Grande Bretagne, le mécontentement qui précèderait un référendum en Italie, en Espagne ou en France car cela scellerait définitivement le destin de l’UE. Ursula Von der Leyen marche sur des œufs et a présenté les excuses de l’UE à l’Italie pour son impuissance à la secourir. Un récent sondage indiquait que près de la moitié des Italiens, pourtant auparavant plutôt europhiles, voterait maintenant pour une sortie de l’UE.

Si l’on pense qu’il sera difficile de soutenir longtemps l’économie et de financer sa reconstruction, il nous faut alors être pragmatique et mettre le géant asiatique à contribution. Celui-ci doit maintenant remplir un devoir à deux titres : Son entière responsabilité dans l’irruption de la crise actuelle mais aussi sa position hégémonique et abusive en matière industrielle acquise de façon discutable en s’appropriant hautes technologies et savoir-faire parfois en violation des droits internationaux et au détriment de ses concurrents. Cela lui a ainsi permis de monopoliser la croissance et de se placer au premier rang des pays riches en deux décennies.

Il serait donc juste que la Chine prenne sa part dans la réparation de l’économie mondiale. Cela pourrait revêtir la forme d’un compromis intervenant directement entre, d’une part, l’UE et les USA qui représenteraient aussi les intérêts des autres membres de la communauté internationale éligibles à une indemnisation au prorata de leur contraction économique et du préjudice subi et d’autre part, la Chine. Cet acte pourrait constituer un cadre opportun pour toutes les parties. D’abord pour les USA parce que les familles américaines endeuillées, au chômage ou ruinées attendent du président Donald Trump, à six mois de l’élection présidentielle, une condamnation de l’attitude du pouvoir chinois et la promesse d’une réparation financière. Ensuite, pour les instances européennes qui n’ignorent pas que l’existence de l’UE ne tient plus qu’à un fil et savent que les populations européennes qui, après avoir payé un lourd tribut humain, n’accepteraient pas de nouvelles contraintes budgétaires. Et enfin, pour la Chine car cet accord qui lui offrirait la possibilité de s’amender, serait susceptible de faire diminuer le ressentiment envers elle, des populations des 185 Etats touchés par le Covid-19. Xi Jinping doit renoncer à son rêve de domination mondiale et penser au peuple chinois car on peut deviner qu’en l’absence d’excuses aux familles des victimes et d’un geste d’apaisement tel que celui ici proposé, la présence de la Chine et la préservation de ses intérêts, mais surtout la sécurité de ses ressortissants, pourraient être remises en question dans de nombreux pays.  

Le virus de Wuhan pourrait coûter à l’ensemble des pays, si l’on se réfère aux précédentes expériences de crises, l’équivalent d’une année de PIB mondial (85 000 Mds d’euros en 2019) ou davantage si l’on partage l’analyse d’experts financiers qui évoquent une crise comparable à celle de 1929. Une évaluation précise du coût de la crise du Covid-19 ne pourra être réalisée qu’après 6/7 ans. Mais un versement de 15 000 Mds d’euros permettrait de commencer à réparer le préjudice. La Chine peut réunir ce montant car elle dispose de 4200 Mds de dollars de réserves de changes ou bons du trésor rapidement mobilisables, peut emprunter des capitaux et céder de grandes entreprises à forte valeur ajoutée, des droits de propriétés ou autres biens. Cette  contribution qui équivaudrait à une année de PIB chinois serait donc supportable et raisonnable parce qu’elle ne constituerait, si l’on retient une hypothèse de coût mondial de la crise (hors coût humain) de 70 000/100 000 Mds d’euros, qu’une faible part du montant du préjudice. Mais de nombreuses interrogations demeurent : subirons-nous  plusieurs vagues de Covid19 ? Vaccin ? Nombre de défaillances d’entreprises et taux de chômage ? 1 demi-milliard de nouveaux pauvres selon Oxfam, troubles politiques et sociaux  etc.) Une annuité de 3000 Mds d’euros pendant 8 ans assurerait une continuité dans la réparation des ravages économiques infligés au monde. Certes, ce niveau de participation au soutien de l’économie, se révèlerait sans doute insuffisant, mais il permettrait néanmoins d’atténuer la violence de cette crise.                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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