Le projet

Plan pour une régionalisation de la production dans la zone Europe Afrique

L’Afrique, confrontée à un déficit de développement qui maintient des populations dans une extrême precarité et des pays développés mais en récession ou dont la croissance était déjà atone depuis de nombreuses années, pourraient, à la faveur de la crise, repenser ensemble leur avenir. Les plans de relance de l’UE prônent une Europe numérique et écologique mais cela ne permettra pas d’enrayer son déclin. Aussi faut-il organiser dans la zone Europe Afrique, une régionalisation des chaînes de valeur mondiales (CVM) et des échanges en tranférant notamment de la Chine à l'Afrique, une part de la fabrication de nos biens de consommation. Ce transfert plus près du consommateur, d’opérations de production aujourd’hui réalisées en Chine, générerait à terme, beaucoup d’emploi et un recul de la pauvreté dans la région mais procurerait aussi un fort relais de croissance à des pays souvent occidentaux dont la France. Francis Journot le 03/07/2020 

Les millions d’emplois de l’industrie manufacturière des biens de consomation ne reviendront pas en France et en Europe          

Les gouvernements successifs ont encouragé la délocalisation de l’industrie manufacturière des biens de consommation pour privilégier les services. Il serait peu raisonnable d’espérer, même si de nombreux consommateurs éprouvent maintenant une forte nostalgie à l’égard d’une fabrication autrefois française de nos biens de consommations, un retour massif dans l’hexagone d’entreprises industrielles. Les tissus industriels et savoir-faire sont pour la plupart détruits. La formation de nouveaux ouvriers en France serait le plus souvent trop coûteuse pour des résultats très incertains en termes de compétitivité et les emplois à plus forte valeur ajoutée ne sauraient suffire à réduire le chômage. La multiplication des normes et taxes punitives exigées par les écologistes, achève de décourager des velléités de relocalisation.

Les plans de relance et la transition énergétique ne permettront pas d'obtenir une croissance francaise suffisante

Dans le climat de démagogie qui précède la campagne électorale présidentielle française, le slogan d’une rénovation énergétique qui créerait 1 ou 2 millions d’emplois en compensation des emplois manufacturiers « d’hier » est repris en boucle. Ce concept fourre-tout s'appuie cependant sur une confusion trompeuse entre emplois verts (200 000) et des postes verdissants certes transformés mais déjà existants (4 millions). Par ailleurs, certaines mesures de la transition énergétique sont utiles mais ne constituent pas pour autant un modèle économique à part entière et pérenne. Après la rénovation massive et la fin des subventions, la plupart des entreprises ouvertes à cette occasion, disparaitront. Où est la cohérence économique et écologique quand les emplois et travaux sont financés par l’argent public et que la plupart des matériaux et outils sont importés de Chine ? 

Harmoniser le développement industriel avec l’énergisation du continent  

Parmi les raisons de l’échec du pharaonique projet d’électrification de l’Afrique proposé par l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, figurait probablement son coût de 200/300 Mrds d’euros. Celui-ci a certainement inquiété les potentiels financeurs publics internationaux, donateurs et pays d’Afrique dont les PIB souvent faibles n’auraient pas permis d’alimenter le fonds pendant dix ou quinze ans. Au nombre des autres écueils, on peut citer la faiblesse d’un pouvoir d’achat excluant la plupart des africains et le temps long de l’industrialisation à partir de bases productives ou commerciales insuffisantes ou inexistantes qui n’auraient donc pas pu permettre un retour sur investissement avant plusieurs dizaines d’années voire jamais ou le risque d’une absence de réel bénéfice humanitaire si l’on considère l’importance des capitaux que les institutions internationales auraient dû consacrer à cette cause au détriment d’autres parfois encore plus vitales. Les lourds investissements de fonds américains et européens pour l’électrification de l’Afrique, ont besoin d’industries capables d’acheter l’électricité (Pour exemple, en raison du manque d’industries et de pouvoir d’achat, l’Afrique de l’Est produit plus d’électricité qu’elle ne parvient à en consommer.) Aussi, les marchés financiers pourraient accueillir avec bienveillance, un nouveau modéle .

Il ne faut pas laisser le monopole des terres rares à la Chine

Pourquoi continuer à fabriquer en Chine la plupart de nos smartphones, tablettes, ordinateurs ou autre produits technologiques, si l’on considère qu’une autre gestion de l’extraction et de la transformation des terres rares nécessaires à leur fabrication, est possible. La Chine dispose certes de son monopole mais ne détient néanmoins que 30 % des réserves sous son sol.

Un parc de 60 millions de véhicules souvent en piteux état qui asphyxient des villes entières

Dans le secteur automobile, l’urbanisation et le développement des réseaux routiers fera bondir les chiffres des ventes mais les équipementiers et marques qui voudraient compter davantage sur un marché africain annuel qui pèsera rapidement 7 ou 8 millions de voitures neuves, devraient avancer leurs pions en installant une part importante de leurs chaines de valeur pour remplacer un parc de 60 millions d’automobiles important chaque année 6 millions de véhicules d’occasion souvent en piteux état qui asphyxient des villes entières. 

Une démographie galopante qui pourrait agraver la pauvreté

Le danger d’une explosion démographique qui pourrait compromettre un recul de la pauvreté, est réel. En effet, l’Afrique subsaharienne compte aujourd’hui 1.1 milliard d’habitants et selon l’INED, ce chiffre devrait doubler d’ici 2050. On peut cependant espérer qu’une régionalisation industrielle subsaharienne génèrerait une augmentation du niveau de vie qui induirait ensuite un ralentissement des naissances et que le nouveau pouvoir d’achat contribuerait avantageusement à la croissance. Interrogée sur la chaine de télévision Public Senat, la chercheure Stéphanie Treillet estime que Malthus se trompait lorsqu’il affirmait qu’aider les pauvres ferait augmenter la natalité. Selon elle, Il convient au contraire d’inverser le lien de causalité. Cette Maître de conférence en économie constate que «Toutes les études démographiques et économiques démontrent que plus une société se développe plus les variables démographiques évoluent ».   

Une alternative industrielle au "made in China" et une croissance africaine qui rejaillira sur la France et l’Europe

La Chine bénéficie maintenant de nos technologies les plus avancées et vise le leadership dans au moins 10 secteurs du futur. Le relais de croissance que l’ouverture de son marché intérieur aurait pu nous procurer, ne sera jamais au rendez-vous. Il convient à présent de tourner cette page. Puisque le protectionnisme est impossible dans le cadre de l’UE et que la relocalisation de quelques usines robotisées ne serait pas suffisante, Il est temps de penser un paradigme qui permettrait de résoudre certaines équations dont celle d’une difficile concurrence aujourd’hui avec la Chine. Celui devrait  s’appuyer sur une réorganisation des chaînes de valeur. Un élargissement à une zone qui comprendrait l’Afrique, générerait de la richesse et un nombre important de nouveaux consommateurs. Les salaires africains plus adaptés à la concurrence agressive et souvent déloyale de la mondialisation, pourraient souvent renforcer la compétitivité d’entreprises européennes parfois en difficulté. Il est en effet préférable, en s’appuyant sur des mécanismes de péréquation et de mutualisation des coûts, de préserver et garder des entreprises avec un nombre même réduit d’emplois industriels en France et en Europe plutôt que de voir ce qu’il reste de l’industrie manufacturière disparaître. Nous ne devons pas abandonner à la Chine, la production de l’ensemble des biens de consommation de 2 milliards d’habitants aujourd’hui et de 3.5 ou 4 milliards en 2050 qui représenterait alors plusieurs centaines de millions d’emplois directs, indirects et induits. Ce degré d’activité permettrait à des Etats africains de se doter progressivement des infrastructures vitales et de voir le niveau de vie augmenter considérablement mais procurerait aussi à l’Europe, un fort regain de croissance. Le recul de l’impérialisme chinois et l’émergence industrielle de l’Afrique, pourraient marquer l’ère post-Covid-19.  Par Francis Journot le 03/07/2020

 

Le programme "Africa Atlantic Axis" ( AAA) 

Africa Atlantic Axis (AAA) est le programme de développement de l’industrie africaine à partir de pays situés sur la façade atlantique ou disposant d’un accès portuaire proche afin de faciliter les échanges avec les deux grands marchés de consommateurs que sont l’UE et les USA. Digital afriqueFinancés au titre de l’aide au développement de l’Afrique par les institutions internationales et des pays volontaires, des parcs d’activités, modernes et sécurisés, accueilleraient les outils de production de grandes enseignes européennes, américaines ou non occidentales et souvent des PME locales. International et ouvert aux entreprises et investisseurs mondiaux, le programme n’est pas spécifiquement français, européen, américain ou africain. Non condescendant, il répondra à l’attente de jeunes générations africaines ambitieuses et impatientes. Une vingtaine de pays africains seraient d’abord concernés mais de nombreuses entreprises et demandeurs d’emploi originaires d’autres États verraient des opportunités s’offrir à eux au sein d’un maillage dense d’entreprises. Ce processus d’intégration industrielle permettrait à terme, de constituer des écosystèmes. Ce degré d’activité permettrait à des Etats africains de se doter des infrastructures vitales et de voir le niveau de vie augmenter considérablement. En offrant des perspectives d’avenir, le projet favoriserait aussi une stabilité régionale.  Africa Atlantic Axis (AAA) propose un plan de création de parcs sectoriels d’activités (électroménager, informatique, meubles, sports, jouets, textile-habillement etc…) qui serait susceptible d’accélérer considérablement le développement économique du continent africain tout en le préservant de la colonisation rampante de la Chine et de  ses importations. D’abord généralistes, les clusters se spécialiseraient ensuite au rythme du développement. Les zones d’activités satisferaient à des exigences sanitaires et environnementales précises. Une aide au recrutement local et à la formation ainsi qu'une assistance juridique, fiscale et administrative, faciliteraient l’installation des sociétés étrangères. Ainsi les enseignes souvent occidentales pourraient transférer plus sereinement en Afrique, la fabrication de produits auparavant fabriqués en Chine. De nombreux ingénieurs africains souvent expatriés mais souhaitant l’essor de l’Afrique, accueilleraient avec enthousiasme des propositions de création de coentreprises sous-traitantes. Celles-ci collaboreraient avec des marques internationales au sein de groupements ayant vocation à devenir des écosystèmes industriels complets et performants tout en initiant davantage d’indépendance industrielle africaine. Pour exemple, pourquoi continuer à fabriquer en Chine la plupart de nos smartphones, tablettes, ordinateurs ou autre produits technologiques, si l’on considère qu’une autre gestion de l’extraction et de la transformation des terres rares nécessaires à leur fabrication, est possible. La Chine dispose actuellement de son monopole mais ne détient néanmoins que 30 % des réserves sous son sol.

Le plan nécessite un provisionnement de 10 à 12 Mrds d’euros pour financer les infrastructures principales et périphériques des 3 à 5 premières zones d’activités qui abriteraient la production de grandes entreprises mondiales ou de sociétés plus modestes. Ces montants qui seraient alloués par les institutions internationales au titre du développement de l’Afrique, comprendraient le financement de la construction d’accès routiers, ferroviaires, aéroportuaires ou portuaires indispensables, la fourniture d’énergie, de réseaux de télécommunications, les travaux de voirie et la gestion des déchets, des lieux de vie, moyens de sécurité, habitations, écoles, centre médicaux, commerces etc... 1 ou 2 nouveaux clusters de dimensions variables pourraient voir le jour tous les 2 ou 3 ans. Beaucoup de consommateurs occidentaux souhaitent que davantage de produits soient fabriqués dans leurs pays respectifs mais ne souhaitent dépenser guère plus. Aussi, compte tenu de coûts de production occidentaux généralement inadaptés à une concurrence dictée par la mondialisation, les millions d’emplois de l’industrie manufacturière de biens de consommation partis en Chine ne reviendront pas en UE ou aux USA. Il est préférable, en s’appuyant sur des mécanismes de péréquation et de mutualisation des coûts, de préserver et de garder des entreprises avec un nombre même réduit d’emplois industriels en Europe et aux USA plutôt que de voir ce qu’il reste de l’industrie manufacturière disparaitre dans ces pays.Bourses doctorat Par ailleurs, la mise en œuvre des pôles de développement de filières industrielles réclamerait le recours à une multitude de sociétés de services européennes et américaines qui accompagneraient la mutation économique. Ces dernières offriraient de nombreux emplois très qualifiés. Ainsi le programme fondé sur l’efficience de mécanismes économiques et offrant des perspectives prometteuses de croissance, pourrait convaincre des secteurs d’activités de quitter le sol d’une dictature chinoise qui menace le monde, consacre ses capitaux à la prédation et à sa militarisation au détriment des chinois les plus pauvres. L’objectif n’est évidemment pas de transformer l’Afrique en nouvel atelier du monde mais surtout de favoriser la restauration ou la constitution de nouveaux équilibres économiques mondiaux qui contribueront à la paix et la démocratie. Des écologistes opposés aux centrales nucléaires ou à charbon ne pourraient que reconnaitre l’intérêt d’un modèle industriel soucieux de l’environnement dont l’énergie hydroélectrique assurerait la plus grande part de ses besoins en électricité. Nombreuses sont les entreprises qui réfléchissent aujourd’hui à une diminution de leur production dans une Chine dont l’image est très négative et accepteraient de relever, avec l’Afrique ce pragmatique défi de modernisation qui participerait aussi à la réparation de dégâts économiques sans précédent dans le monde. Sept. 28, 2020 by Francis Journot        

 

 

 

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